1 août, 2022
Michelle Harrison a presque abandonné sa carrière en athlétisme.
Après ses études secondaires, la native de Saskatoon s’est rendue au sud de la frontière, à l’Université Rice de Houston, au Texas, dans le cadre d’une bourse d’étude complète, où elle a compétitionné avec l’équipe d’athlétisme des Owls. Mais, à la suite d’une maladie et de fractures de fatigue récurrentes, elle s’est retirée de l’équipe et est revenue à Saskatoon.
Harrison s’est ensuite rendue à Toronto pour s’entraîner avec certains des meilleurs coureurs de haies du pays au Centre d’Athlétisme Canada, mais un diagnostic de syndrome de déficience énergétique relative dans les sports (RED-S) lui a occasionné des blessures et a fait naître des doutes quant à la suite de sa carrière.
« Ce fut probablement le moment le plus difficile de ma carrière et j’ai remis en question ma volonté de continuer. J’ai même dit à mon entraîneur de l’époque que j’allais démissionner et rentrer à la maison – ce que j’ai fait », affirme Michelle Harrison.
Cependant, son retour dans les Prairies l’a amenée à rejoindre l’équipe d’athlétisme des Huskies de l’Université de la Saskatchewan, ce qui lui a permis de prendre un nouveau départ.
Cinq ans plus tard, Michelle Harrison est aujourd’hui la double championne canadienne en titre du 100 mètres haies et participera sous peu à ses premiers Jeux du Commonwealth. Elle accédera aux Jeux après avoir réalisé son meilleur temps personnel de 12,74 secondes en demi-finale des Championnats du monde d’athlétisme à Eugene, dans l’Oregon. Ce temps lui a permis de se classer 14e au niveau mondial.
En rentrant à la maison, Michelle Harrison a pu renouer avec Jason Reindl, l’entraîneur-chef des Huskies. Jason Reindl a recruté Michelle Harrison pour le programme lors de son entrée en fonction en 2017, et leur collaboration dure depuis ce temps. Après plusieurs années de blessures pour Michelle Harrison, Jason Reindl a opté pour un processus graduel en se concentrant sur la marche, le jogging, la rééducation et la récupération. Éventuellement, Michelle Harrison a pu reprendre la compétition lors de la saison 2018-2019.
« Je sentais que je n’en avais pas fini avec ce sport et que j’avais encore du potentiel, alors j’ai décidé de m’entraîner avec lui. Mais je n’avais pas vraiment d’objectif à l’époque; je le faisais juste pour le plaisir », déclare Michelle Harrison.
Malgré ce prétendu « absence d’objectif », Michelle Harrison a brillé pendant deux ans avec les Huskies. Elle a remporté deux médailles d’or consécutives au 60 m haies féminin, une lors des Championnats de l’Ouest canadien et l’autre dans le cadre du championnat d’athlétisme U SPORTS, où elle a établi un nouveau record national avec un temps de 8,13 secondes en 2020, ce qui lui a valu d’être nommée Athlète féminine de l’année du championnat d’athlétisme U SPORTS.
« J’aime beaucoup travailler avec Jason. Nous travaillons très bien ensemble. Nous nous comprenons », affirme Michelle Harrison.
Étant l’une des deux seules membres de l’équipe canadienne d’athlétisme aux Jeux du Commonwealth à provenir de la Saskatchewan, avec la perchiste Anicka Newell, l’appartenance de Michelle Harrison à la province est importante pour elle.
« C’est vraiment génial. Je me souviens de l’admiration que j’éprouvais pour Brianne Theisen-Eaton et Taryn Suttie, qui ont toutes deux accompli de grandes choses, alors c’est vraiment génial d’être à ce niveau actuellement », affirme Michelle Harrison.
Poursuivant sur les traces de Brianne Theisen-Eaton et de Taryn Suttie, elle fait partie des 59 athlètes valides ayant été sélectionnés pour rejoindre les rangs de l’équipe d’Athlétisme Canada dans le cadre des Championnats du monde, aux côtés d’Andre De Grasse et de Damian Warner. Michelle Harrison dit qu’elle n’a jamais eu une année sans blessure depuis sa 9e année et que tous ses sacrifices portent maintenant fruit, alors qu’elle représentera sa province et son pays à l’une des plus importantes compétitions d’athlétisme.
« Je suis vraiment heureuse de tout ce que j’ai accompli et que j’ai réussi à surmonter. Au bout du compte, tout cela en vaut la peine », affirme-t-elle.
« Elle est la définition même de la résilience. Elle est extrêmement douée physiquement, mais c’est une jeune femme très déterminée. En soi, c’est probablement sa plus grande qualité après près de 20 ans dans ce sport », déclare Jason Reindl.
Et après 20 ans dans ce sport, les deux prochaines années s’annoncent comme les plus importantes pour Michelle Harrison. Après les Jeux du Commonwealth, elle participera aux Jeux d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, qui se dérouleront aux Bahamas à la fin du mois d’août. Des compétitions en Chine et en Hongrie sont également au programme pour 2023 dans le cadre des Championnats du monde d’athlétisme en salle et en plein air.
Après avoir manqué la qualification pour les Jeux olympiques de 2020, Michelle Harrison espère pouvoir faire ses débuts olympiques à Paris en 2024.
« Si l’année en cours était une année olympique, je serais présentement qualifiée. Cela me donne beaucoup de confiance pour les deux prochaines années et j’ai encore l’occasion d’améliorer mes résultats », affirme Michelle Harrison.
« Chaque fois qu’un athlète atteint ce niveau au classement mondial, cela vous oblige à prendre une minute pour faire une pause et réfléchir. Vous vous rendez compte que c’est assez spécial et assez remarquable », affirme Jason Reindl.
Mais avant Paris, il y a Birmingham. Michelle Harrison participera aux Jeux du Commonwealth à la ronde d’ouverture du 100 m haies féminin, ce vendredi matin à 3 h 26 HNC. Les finales sont prévues pour dimanche matin.