19 février, 2021
Lorsque Mavis Dzaka s’est inscrite pour la première fois à l’Université de la Saskatchewan et a rejoint de programme d’athlétisme des Huskies de la Saskatchewan en tant qu’athlète en 1999, on peut dire qu’elle était loin d’imaginer qu’elle jouerait encore un rôle central dans le programme aujourd’hui.
C’est en 2011 que Joanne McTaggart, alors entraîneuse-chef des Huskies, a demandé à Mavis Dzaka de revenir auprès des Huskies à titre d’entraîneure bénévole. Mavis Dzaka est toujours là depuis.
Elle qui était déjà entraîneure au club d’athlétisme de Saskatoon a accepté le poste, travaillant sous la tutelle de Mme McTaggart et du regretté Lyle Sanderson. Son poste n’a cessé d’évoluer depuis.
Avec la sélection en novembre dernier de Mavis Dzaka, qui est née au Ghana et a grandi à Saskatoon, pour faire partie du programme de mentorat d’entraîneures noires – une nouvelle initiative conjointe de l’Association des entraîneurs noirs canadiens et de l’Association canadienne des entraîneurs visant à renforcer l’équité et la diversité dans les rangs des entraîneurs canadiens – il semble inévitable que ce rôle continue d’évoluer.
« Je me considère chanceuse d’être sélectionnée », déclare Mme Dzaka. « Je savais que l’entraînement serait différent cette année, alors cet été, j’ai décidé de me concentrer davantage sur mon propre perfectionnement professionnel en matière d’entraînement. Je me suis dit : ‘tu sais quoi, je n’ai qu’à présenter ma candidature’. »
Deux semaines plus tard, cette décision s’est avérée très judicieuse puisque Mavis a reçu un courriel de félicitations et a été sélectionnée comme l’une des 17 mentorées du pays pour recevoir l’honneur de faire partie du cours inaugural de l’année 2020-2021.
Dans le cadre du programme, Mme Dzaka rencontre virtuellement un mentor une fois par mois et participe à des occasions de perfectionnement professionnel avec des conférenciers invités de tout le pays, couvrant des sujets allant du leadership à la communication en passant par la santé mentale et le racisme.
« Quand nous avons nos appels Zoom, tout le monde me ressemble. C’est très révélateur », ajoute Mme Dzaka.
« J’ai l’impression d’avoir un peu gagné en assurance et même si je n’ai pas vraiment vu mes athlètes, j’ai davantage confiance en mes capacités. »
Comme le dit Mme Dzaka, la saison d’athlétisme 2020-2021 était unique en son genre, privée d’interaction en personne avec les athlètes pendant plusieurs mois. Néanmoins, quand lʼoccasion se présentera, l’expérience acquise sera déterminante.
« Le but est qu’une fois que le monde sera redevenu normal, Mavis pourra dire : ‘Hé, vous savez, j’ai participé à ce programme, j’ai appris ceci’, et j’espère qu’elle pourra vraiment me pousser à remettre en question certaines choses que nous faisons afin d’améliorer l’ensemble de notre programme », déclare Jason Reindl, actuel entraîneur-chef du programme d’athlétisme des Huskies.
L’un des athlètes chez qui M. Reindl trouve que l’entraînement de Mme Dzaka a particulièrement bien porté ses fruits s’appelle Michael Akintunde, un athlète noir qui s’est démarqué pendant sa première année au sein des Huskies, remportant une médaille d’argent en saut en longueur lors des Championnats de l’Ouest canadien 2019-2020 qui ont eu lieu à Saskatoon.
« C’est vraiment un très bon gars », déclare Mme Dzaka, qui prend note de l’éducation extraordinaire de Michael Akintunde et de la façon dont leur relation a évolué au fur et à mesure qu’ils se connaissent mieux.
« Les athlètes noirs sont très peu nombreux au sein de l’équipe et avec Michael et Mavis, je pense que nous avons là des soutiens et des liens dont je ne peux tout simplement pas faire partie », ajoute M. Reindl.
Mais d’après ce dernier, le style d’entraînement de Mme Dzaka est de celui qui influence positivement plus d’athlètes que le seul M. Akintunde.
« Mavis nʼest pas du genre à hurler et à crier pendant un entraînement pour motiver les athlètes avec qui elle travaille. Elle est extrêmement concentrée, engagée et motivée, et elle tient à travailler avec l’athlète pour l’aider à atteindre ses objectifs. Du coup, pendant les entraînements et dans cet environnement-là, elle est très proche des athlètes et apporte beaucoup au groupe et à l’équipe », poursuit M. Reindl.
Les contributions d’un entraîneur bénévole comme Mavis Dzaka à l’équipe des Huskies n’échappent pas à M. Reindl.
« Elles constituent l’élément vital du programme » explique-t-il. « Leur engagement, leur dévouement, leur temps, tout représente une part énorme de notre succès. Tous les adjectifs, superlatifs ou louanges que je pourrais formuler ne seraient pas assez forts pour exprimer leur importance pour notre programme. »
« Quand vous voyez une entraîneure comme Mavis, elle n’est pas obligée de le faire. Elle a fait le choix d’en faire partie. J’en suis très heureux et très fier. »
Pour Mme Dzaka, seuls comptent le succès et le développement des athlètes.
« C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis devenue entraîneure. Tous mes entraîneurs étaient bénévoles; je savais quʼils se sacrifiaient et je tenais à leur rendre la pareille d’une manière ou d’une autre, et c’est très gratifiant. Ma récompense est de les voir réussir dans tous les événements auxquels ils participent. »